[...] La société israélienne est aujourd’hui dramatiquement confrontée aux limites d’un système qui fait reposer sa légitimité sur des critères ethniques et religieux.
Lundi 28 mai, le procureur général de l’État a renoncé à engager des poursuites contre les rabbins Dov Lior et Yaakov Yossef, qui ont publiquement soutenu un traité théologique racialiste Torath Hamelekh (Torah du Roi) [6]. Ce livre publié en 2009 et co-écrit par Elitzur-Hershkowitz et le rabbin Itzhak Shapira traite des conditions dans lesquelles les non-Juifs peuvent être tués sans enfreindre les lois religieuses [7].
Selon celui-ci l’interdiction des dix commandements « Tu ne tueras point » ne s’applique « qu’aux juifs qui tuent d’autres juifs », et « il est licite de tuer des bébés y compris en dehors des périodes de guerre », si l’on pense qu’ils peuvent représenter une menace dans le futur. Shapira affirme qu’il ne fait que s’appuyer sur la Torah et que l’État n’est pas en mesure de statuer sur les textes sacrés.
Il ne s’agit pas là de marginaux isolés. Le rabbin Yaacov Yossef est le fils de Ovadia Yossef, leader du parti Shas et mentor religieux de Benjamin Netanahu. Sous l’impulsion de celui-ci et d’Ehud Barak, la société israélienne connait une violente poussée obscurantiste et xénophobe. Cette dérive à été vivement dénoncée par plusieurs anciens hauts responsables de l’appareil sécuritaire et militaire pour qui les dirigeants actuels sont des « messianistes » qui amènent le pays à devenir de plus en plus raciste [8].