Refuser le don d’organes

[...] Depuis 1968 la loi a évolué pour pouvoir fournir de plus en plus de matières premières aux chirurgiens greffeurs. Ce fut l’invention du constat précoce de la mort dans le décret de décembre 1996. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais il reste un fait incontournable ; c’est que le diagnostic de mort cérébrale est devenu au fil du temps une simple façon de nier les droits d’un individu encore en vie, si faible que soit la possibilité que son cerveau reparte. Comme tout jugement médical, ce diagnostic est faillible, au point que maintenant les soi-disant morts sont anesthésiés avant d’être découpés en salle d’opération. À croire que ces généreux donateurs deviennent trop remuants une fois morts légalement !

Alors, si vous voulez échapper au moment de votre mort à ces chirurgiens transplanteurs, même si légalement votre corps leur appartient, le législateur a quand même prévu une alternative. Il s’agit du registre national des refus de prélèvement d’organes. Ce registre est géré par l’agence de biomédecine ce qui est pour le moins paradoxal puisque le rôle de cette agence est avant tout de promouvoir le don d’organes. Mais en théorie, les chirurgiens transplanteurs ont l’obligation légale de consulter ce registre avant d’effectuer un prélèvement d’organes. Je dis bien en théorie parce que les proches d’un patient n’ont pas accès au registre national des refus et n’ont aucun moyen de vérifier si le registre a bien été consulté par les soignants et si oui, à quel moment. L’opacité du système est totale et la loi n’a pas prévu de peines si jamais un jour il est avéré que cette consultation n’a pas eu lieu. [...]

http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/refuser-le-don-d-organes-119205

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